ACCOMPAGNEMENTS EN INSTITUTION
À travers la peinture et le modelage de la terre, mes atelier en institution (EHPAD , MAS, PASA, Accueil de jour, FAM,etc ) accompagnent les résidents atteints de troubles neurocognitifs dans la réappropriation de leur schéma corporel, transformant le ressenti d’un corps morcelé en une expérience de création unifiée. »
À un stade avancé de la maladie d’Alzheimer, le processus neurodégénératif ne se limite pas à altérer la mémoire, il fragilise également les repères spatiaux et la perception de soi, entraînant une perte progressive des limites corporelles. Pour le résident, les frontières perceptives s’estompent : la distinction entre son propre corps et le monde extérieur devient floue, ce qui peut générer une profonde angoisse de morcellement — l’impression terrifiante que le corps « part en morceaux » ou se dissout dans l’espace. Cette désorientation se traduit de façon frappante dans les productions graphiques par des membres désolidarisés ou flottants, témoins d’un schéma corporel déstructuré. Face à cette détresse invisible.
1. La co-construction graphique (Le geste partagé)
- description : Face au dessin d’un corps morcelé (une tête qui flotte, des bras détachés), mon aide a consisté à guider le regard ou le pinceau du résident, ou à tracer avec lui des lignes de jonction (un cou, un tronc, des articulations) pour relier les membres isolés.
- L’impact pour la pathologie : Pour une personne atteinte d’Alzheimer ou d’agnosie spatiale, le vide entre les membres est un gouffre cognitif. En l’aidant à tracer les ponts entre les parties du corps, tu as « recousu » visuellement son schéma corporel. Tu as transformé une image corporelle éclatée en une image unifiée.
2. L’étayage visuel et verbal (Faire tiers)
La description: En pointant du doigt ou en nommant les parties manquantes (« Regardez, et si on reliait cette main au bras ? »), j’ai réintroduit de la logique là où la maladie mettait de la confusion.
- L’impact pour la pathologie : Dans la maladie à Corps de Lewy ou Alzheimer, le résident est souvent prisonnier de ses perceptions faussées. Mon intervention a servi de « tuteur ». j’ai redonné du sens et une anatomie rassurante à sa production, ce qui apaise l’angoisse de morcellement.
3. La fonction de « contenance » (Sécuriser l’espace)
- La description : En l’aidant à refermer les lignes du corps ,réunir d’abord puis baisser les bras et trouver une terre, un horizon où se poser …
- L’impact pour la pathologie : Le corps a besoin d’une limite pour exister. En peinture, refermer les formes permet au résident de ressentir que son identité est « contenue » dans un espace défini, et qu’elle ne s’échappe pas dans le vide de la feuille.







Réflexion personnelle
Ces peintures ont été créer par des personnes très différentes , atteintes de troubles degénératifs différents et pourtant , on retrouve ces corps dans un même positionnement , ils lèvent tous les bras semblant vouloir toucher le ciel et leurs jambes toucher la terre et ils sont coupés , leurs membres ne se raccordent pas au tronc .

Quand je vois ces images , je pense à l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci , symbole philosophique et spirituel universel où le corps s’inscrit comme lien entre le ciel et la terre qui montre l’harmonie , la géométrie parfaite et la stabilité . Avec la maladie , le corps n’a plus de lien , je trouve cela très fort!
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